FOIRE AUX QUESTIONS (F.A.Q)

Source: centre du jeu excessif (Lausanne – Suisse)

Français
  • QU’EST-CE QU’UN JEU DE HASARD ET D’ARGENT?

    À chaque fois qu’une personne joue de l’argent ou un objet de valeur dans le but d’en gagner plus et que le résultat est dû au hasard, elle s’adonne à un jeu de hasard et d’argent.

    Quelques exemples de jeu de hasard et d’argent:

    • Billets de loterie
    • Bingo
    • Jeu de cartes où l’on mise de l’argent
    • Paris sportifs
    • Jeu d’habiletés où l’on mise de l’argent (ex. jeu de billard)
    • Jeux que l’on retrouve dans les casinos
    • Appareils de loterie vidéo (ALV) et loteries électroniques (ex. en Suisse romande, les appareils appelés «Tactilo»)
    • Défi à relever où l’on mise de l’argent
    • Billets à gratter

    Pourquoi ces jeux sont-ils «risqués»?
    Le «risque» de perdre à long terme est statistiquement toujours plus important que les «chances» de gagner, pour des raisons structurelles : l’opérateur qui exploite les jeux y veille tout particulièrement, puisque de sa commission dépend la viabilité de son entreprise. Pourtant, retiré de son contexte statistique, le jeu est propre à stimuler chez tout individu des pensées anticipant l’agrément d’un gain important, ainsi que des pensées non rationnelles relatives à la probabilité de gain. A l’extrême, certaines personnes pourront se croire en mesure de développer une stratégie pour «battre le système». En fonction de telles pensées, et du degré de conviction en celles-ci, certaines personnes vont être amenées à perdre le contrôle, et à réaliser des dépenses consi- dérables. Cette perte de contrôle est diffi cile à anticiper, dans la mesure où les facteurs de vulnérabilité sont multiples et restent mal connus. Il apparaît donc très important de prévenir les joueurs de ce danger potentiel, et c’est la raison pour laquelle, dans la plupart des pays industrialisés, les nouvelles lois relatives aux jeux prévoient un devoir d’information de la part des industries concernées à l’égard des usagers, à l’exemple des exigences introduites pour d’autres produits susceptibles d’affecter la santé (par exemple: tabac, certains produits agro-alimentaires, produits dangereux pour les enfants, etc.)

  • QU’EST-CE QU’UN PROBLÈME DE JEU?

    Une personne a un problème de jeu lorsque le jeu fait du tort à sa famille ou nuit à sa vie, à son travail, à ses finances ou à sa santé.

  • QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE JEU PATHOLOGIQUE, JEU COMPULSIF ET JEU EXCESSIF?

    Ces différentes expressions sont toutes utilisées pour désigner un problème important lié au jeu. Le terme utilisé par le "Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux" (DSM-IV) est "jeu pathologique" plutôt que "jeu compulsif". Les groupes d'entraide (par exemple, Gamblers Anonymes) optent habituellement pour l'expression "jeu compulsif". Pour notre part, nous utilisons l'expression "jeu excessif" pour désigner les activités de jeu immodérées, qu'il s'agisse d'un comportement de jeu réunissant les critères diagnostics DSM-IV ou de tout autre comportement de jeu susceptible d'entraîner des conséquences négatives pour la santé.

  • LES SIGNES MONTRANT QUE LE JEU POSE UN PROBLÈME

    Est-ce que…

    …vous jouez au-dessus de vos moyens? 
    …vous perdez la notion du temps et jouez plus longtemps que prévu? 
    …vous misez des sommes de plus en plus élevées? 
    …vous mentez sur les montants que vous misez? …vous êtes l'objet de critiques à cause du jeu? 
    …vous laissez le jeu nuire à votre famille, à votre travail, à votre santé ou à vos finances?
    …vous essayez de vous "refaire" en jouant plus? 
    …vous jouez pour oublier votre sentiment de solitude, de détresse, de stress ou d'autres sentiments négatifs? 
    …vous vous sentez coupable en pensant à l'argent que vous avez perdu en jouant?

    Si vous avez répondu "oui" à au moins une de ces questions, vous avez peut-être un problème de jeu.

  • COMMENT IDENTIFIER UN PROBLÈME DE JEU?

    Toutes les personnes qui jouent peuvent potentiellement développer un problème de jeu, d'autant plus lorsqu'un événement ou une situation difficile à gérer survient. Celui-ci peut agir comme un "facteur déclenchant".

    Les signes suivants peuvent révéler un problème de jeu excessif:

    • Etre très excité à l'idée d'aller jouer ou au moment de jouer, et rechercher cette euphorie. 
Se laisser aisément influencer par des collègues de jeu, se chercher des prétextes pour justifier l'envie de jouer.
    • Jouer pour fuir d'autres problèmes, certaines situations ou sensations désagréables .
    • Avoir peu d'activités ou d'intérêts en dehors du jeu.
    • Se sentir seul, s'ennuyer
  • QU'EST-CE QUI FAIT QU'UNE PERSONNE PRÉSENTE UN PLUS HAUT RISQUE?
    • Avoir une accessibilité croissante au jeu.
    • Avoir grandi avec le jeu.
    • Avoir commencé à jouer jeune.
    • Avoir gagné un lot élevé dès le départ.
    • Avoir une confiance erronée dans la chance de gagner.
    • Jouer pour échapper à la solitude, à l'ennui ou à la détresse.
    • Avoir tendance à l'impulsivité.
    • Avoir des problèmes financiers.
    • Vivre une situation difficile comme une perte ou du stress.
    • Jouer pour affronter des problèmes de santé ou une douleur physique.
    • Avoir des problèmes d'alcool, de drogue ou de santé mentale.
  • QUAND LE JEU DEVIENT-IL UN PROBLEME?

    On ne mesure pas la pathologie d'un joueur simplement par le montant d'argent qu'il dépense au jeu. Un individu financièrement à l'aise peut jouer plusieurs milliers de francs par année sans que cela soit un problème pour lui. En fait, les quelques trente ou quarante francs par mois que joue une personne ayant un faible revenu ou bénéficiant de l'aide sociale se révèlent beaucoup plus problématiques.

    "Le gambling (jeu), autant dans le domaine de la loterie et du bingo que dans celui des appareils de loteries vidéo et des casinos, devient pathologique lorsqu'il génère plus de difficultés dans la vie de la personne que de divertissement. Par exemple, si le jeu accapare l'argent dévolu à d'autres fins telles le compte d'électricité ou la facture d'épicerie ou, plus dévastateur encore, le temps et l'attention qui devraient, par exemple, être consacrés à ses enfants ou son/sa conjoint(e). Ou encore, si la personne ne peut s'empêcher ou s'arrêter de jouer. Si elle ne joue pas, elle y pense sans arrêt et se sent irritée, elle n'a plus le goût de rien faire et elle sent qu'il lui manque quelque chose".

  • CONSEILS POUR ÉVITER LES PROBLÈMES DE JEU
    • Chaque fois que vous misez, fixez une limite que vous pouvez vous permettre et ne la dépassez pas.
    • Considérez que l'argent dépensé en jouant est le prix que vous payez pour vous divertir.
    • Ne dépassez pas la somme que vous vous êtes fixée pour jouer en retirant plus d'argent à l'aide de vos cartes bancaires et de crédit.
    • N'empruntez pas d'argent à votre famille, vos amis ou connaissances pour jouer dans un établissement de jeu.
    • Prenez fréquemment des pauses.
    • Demandez de l'aide dès que vous commencez à perdre plus d'argent que vous l'aviez prévu ou que vous pouvez vous le permettre.
  • QUE FAIRE EN CAS D'EXCES DE JEU?

    Vous pouvez demander au casino une interdiction d'entrée pour une durée d'un an. La procédure est valable pour tous les casinos en Suisse.

    Le jeu excessif se met en place progressivement et fonctionne comme une dépendance: il amène beaucoup de souffrance. Quels que soient les jeux pratiqués, le rétablissement est possible avec de l'aide et un soutien adéquat. N'hésitez pas à prendre en appelant la ligne téléphonique anonyme et gratuite 0800 801 381

  • COMMENT JOUER EN LIMITANT LES RISQUES D'EXCES?
    • Faites un budget au début de chaque semaine. Si c'est trop difficile, octroyez-vous une somme fixe, modeste et réaliste par jour.
    • Faites gérer votre argent par une personne de confiance
    • Annulez vos cartes de crédit
    • Faites fixer le plafond de découvert de vos comptes à zéro
    • Prenez un co-signataire de vos transactions bancaires
    • Planifiez vos journées à l'avance et ne gardez pas de longues plages de libre, surtout durant la période suivant le versement de votre salaire
    • Organisez-vous des activités satisfaisantes
    • Listez vos buts, vos projets à court, moyen et long termes, par écrit
    • Repérez les sensations que vous avez au moment où l'envie vous prend et apprenez à les utiliser comme "signaux d'alarme"
    • Parlez à quelqu'un de votre envie, avant d'aller jouer: cet acte peut dissiper votre envie
    • Demandez de l'aide à des professionnels qui connaissent bien ce domaine
  • POURQUOI LES JOUEURS COMPULSIFS CONTINUENT-ILS DE JOUER ALORS MEME QUE CELA LEUR CREE DES PROBLEMES?

    Il n'existe pas de réponse simple à cette question et les chercheurs tentent d'expliquer ce comportement. Voici quelques-unes des explications les plus souvent invoquées:

    L'évasion ou le soulagement

    Le jeu peut permettre de fuir provisoirement des sentiments déplaisants, comme ceux qui accompagnent la dépression, l'ennui, le stress ou le deuil, ou encore d'échapper brièvement à des problèmes comme ceux qui se présentent sur le plan professionnel ou humain.

    L'action

    L'excitation du jeu, associée à la possibilité de gagner de l'argent, peut donner aux joueurs un plaisir tel qu'ils continuent parfois à jouer malgré les problèmes posés.

    L'effet des gains occasionnels

    Il arrive à tous les joueurs de gagner de temps en temps. Pour certaines personnes, il leur est d'autant plus difficile d'arrêter de jouer qu'elles croient que le prochain pari pourrait les faire gagner.

    Le renforcement

    Les joueurs peuvent se laisser prendre par la répétitivité du jeu en soi et par les stimulations visuelles et auditives qui l'accompagnent.

    Le piège

    Les joueurs compulsifs consacrent temps, énergie et argent au jeu. Après avoir perdu un gros montant d'argent, ils commencent à considérer leurs dépenses comme un "investissement" plutôt que comme le coût d'un loisir. Certains essaient de récupérer cet "investissement" en continuant de jouer. Ils tentent de regagner leurs pertes en ignorant qu'ils sont engagés dans un cercle vicieux.

  • LES CROYANCES ERRONEES SUR LE JEU

    Les joueurs excessifs ont souvent des croyances erronées sur la façon dont ils peuvent améliorer leurs chances de gagner. Forts de telles croyances, ils jouent de plus en plus d'argent en espérant récupérer ce qu'ils ont perdu.

    Voici certaines croyances courantes:

    • si quelque chose ne s'est pas produit depuis longtemps, par exemple un numéro noir à la roulette, il y a plus de chances que cela arrive bientôt. C'est ce qu'on appelle l'illusion du joueur. En fait, chaque gageure s'accompagne des mêmes chances de gagner, qui sont très faibles.
    • Il existe des "passes chanceuses", qu'il est possible de reconnaître et d'exploiter pour continuer à gagner.
    • Le joueur peut prédire l'issue des jeux de hasard. C'est ce que dans le jargon des psychologues on nomme "l'illusion de contrôle".

    Superstitions

    • Les joueurs compulsifs sont souvent animés par des pensées superstitieuses et il leur arrive de continuer à jouer parce qu'ils croient que quelque chose va leur porter chance. Par exemple:
    • Le joueur gagne parce qu'il a pensé d'une certaine façon, ou encore parce qu'il a espéré ou souhaité gagner
    • Certains objets, certaines façons de s'asseoir ou certaines machines pourraient améliorer leur chance de gagner.
    • Tous ces facteurs peuvent pousser un joueur à continuer de jouer même si cela lui cause des problèmes.
  • LES PENSEES MAGIQUES LES PLUS COURANTES

    Voici des pensées qui jouent de vilains tours aux joueurs et qui les piègent:

    • "Il existe des trucs pour battre le hasard et je suis sûr que je les ai trouvés!"
    • "Il y a de bons et de mauvais billets, ou de bonnes et de mauvaises machines."
    • "Je parie toujours sur la même équipe. Si je change mon pari, je risque de diminuer mes chances de gagner."
    • "À force de jouer, je vais gagner."
    • "Je vais mieux jouer la prochaine fois parce que je connais mieux la machine."
    • "Cette fois-ci, je vais gagner, je le sens."
    • "Je savais qu'aujourd'hui n'était pas une bonne journée."
    • "Je dois jouer pour regagner l'argent que j'ai perdu hier."
    • "De toute façon, je n'ai rien à perdre."
    • "Si je gagnais, j'arrêterais de jouer!"
    • "Jouer m'aide à me défouler quand je suis frustré!"
  • CERTAINS TRAVAUX PARLENT DES CROYANCES ERRONEES POUR EXPLIQUER LE JEU EXCESSIF. SONT-ELLES LA SEULE CAUSE DU JEU EXCESSIF ET LA SEULE VOIE DE TRAITEMENT?

    Non, de telles affirmations sont généralement le fait de l'exagération de certains medias, relayant l'enthousiasme suscité par de modestes avancées dans ce domaine. Le jeu excessif est un problème complexe causé par de multiples facteurs, dont les croyances erronées (aussi appelées pensées erronées, pensées irrationnelles ou pensées magiques). Plusieurs autres facteurs de risque sont associés au jeu excessif et diverses hypothèses explicatives ont été élaborées. Toutefois, l'importance relative de ces différents facteurs reste à établir.

  • QUELLES SONT LES CONSEQUENCES DU JEU PATHOLOGIQUE?

    Le jeu compulsif a des conséquences graves. Si ce n'était pas le cas, les chercheurs ne tenteraient pas autant de le comprendre et de le prévenir. Ses effets dévastateurs sont particulièrement insidieux, puisqu'ils touchent à peu près tous les domaines de la vie du joueur.

    Il y a certaines conséquences du jeu que vous pouvez certainement nommer spontanément. Les difficultés financières, par exemple. Peut-être même vous vient-il aussi à l'esprit les difficultés engendrées par le jeu compulsif au sein de la famille et du couple de la personne qui en est dépendante. On a presque tous entendu parler d'histoires de négligence envers des enfants ou de "disputes" au sein d'un couple.

    Cependant, saviez-vous que les problèmes monétaires résultant du jeu compulsif peuvent mener l'individu jusqu'à perpétrer des actes illégaux, des crimes? Il s'agira souvent de fraude ou de vol. Ces comportements peuvent le conduire ainsi jusqu'en prison. Le jeu a aussi des effets au niveau du travail: absentéisme, vols, irritabilité, manque de sommeil, etc. Enfin, le fait de perdre sans arrêt, alors que le joueur est convaincu qu'il a les compétences pour gagner peut, à la longue, affecter profondément son estime de soi.

    Cependant, parmi les conséquences les plus graves, nous trouvons les tentatives de suicide (chez 20% des joueurs compulsifs) ou les idées suicidaires (48%) et ce que l'on appelle "l'hérédité sociale". L'hérédité sociale est constituée des schémas de comportements qui peuvent se transmettre de génération en génération. Chez plus de 55% des personnes au prise avec des problèmes de jeu, un des deux parents a connu le même problème ou un autre problème de dépendance (drogue, alcool, etc.).

  • POURQUOI UNE PERSONNE JOUE-T-ELLE DE FAÇON COMPULSIVE?

    Il n'existe pas de cause universelle et unique expliquant le comportement de jeu compulsif. Chaque joueur et chaque joueuse a ses raisons d'accrocher à ce type de dépendance. Mais on peut dire, de manière générale, que la personne essaie ainsi de fuir, ou d'exprimer, un besoin ou un malaise intérieur.

    Certains joueront parce qu'ils ressentent la nécessité de succès spectaculaires. Cela résulte du besoin tout à fait normal et légitime qu'ils ont de démontrer leur valeur et d'obtenir l'approbation des autres. Cependant ils auront appris, souvent dans leur famille, qu'on est aimé et estimé des autres pour ce que l'on fait, pour nos succès, plutôt que pour ce que l'on est. De plus, pour ceux qui ont appris qu'il est nécessaire d'être performant (d'avoir du succès matériel) pour attirer l'attention et être reconnu, la persévérance, qui est souvent une valeur familiale importante, peut venir soutenir le comportement de "chasing" (qui consiste à revenir jouer sans cesse, dans le but de regagner l'argent perdu).

    D'autres exprimeront, par le comportement de jeu compulsif, de la colère et de la rébellion. De plus, bon nombre de joueurs et joueuses cherchent l'acceptation sociale, puisqu'autour d'une table de jeux, tous sont égaux. "Si vous avez l'argent, vous êtes accepté".

    De nombreuse personnes jouent de manière excessive dans le but de fuir des émotions douloureuses intolérables. Par exemple, les joueurs dépressifs peuvent ressentir un regain d'énergie. Ensuite, le jeu demande de la concentration, ce qui a pour effet de distraire momentanément l'individu de ses problèmes. De plus, les activités à haut risque, comme le jeu, de par les sentiments d'excitation qu'elles procurent, combattent le sentiment de vide.

  • TRUCS ET ASTUCES, DONT CERTAINS DONNES PAR DES PERSONNES CONCERNEES
    • Avoir peu d'argent liquide sur soi, et laisser cartes de guichet ou de crédit à la maison, ou, si nécessaire, confier les cartes à un proche digne de confiance.
    • Éviter pour un certain temps de fréquenter les endroits de jeu, ne vous tentez pas. Et surtout, n'allez pas regarder les autres jouer, c'est le chemin vers la rechute.
    • Tentez de voir les pièges que vous vous tendez (ex. Je vais aller jouer seulement 20 fr., je suis sûr de gagner, je le mérite...) Pensez à toutes les fois où vous vous êtes dit ces paroles et les conséquences passées.
    • Demandez à votre banque de fixer un montant de retrait quotidien maximal peu élevé (ex. 40 fr).
    • Pensez aux activités que vous aimiez par le passé et que vous avez abandonnées à cause du jeu. Recommencez à les pratiquer (ex. cinéma, lecture, vélo, randonnées pédestres, entraînement physique...)
    • Parlez de votre problème de jeu à des personnes en qui vous avez confiance, le secret ne fait qu'accentuer la honte et les difficultés.Si vous constatez que vous n'arrivez pas à contrôler vos habitudes de jeu et que celles-ci entraînent des conséquences négatives dans votre vie, demandez de l'aide auprès de professionnels.
    • Pensez souvent à ce qui vous motive à arrêter de jouer.
    • Accordez-vous des moments de plaisir, ne vous punissez pas, vous souffrez déjà assez.
    • Utilisez les services d'auto-exclusion au casino. En Suisse, en dehors de l'auto-exclusion légale de tous les casinos suisses, il es également possible de passer avec le casino une "convention de visite" limitant le nombre de passage et leur durée par période de temps. Pour les loteries électroniques comme le Tactilo en Suisse romande, il n'existe pas à l'heure actuelle de bases légales permettant de se faire interdire, mais il est également possible de convenir d'arrangements de gré à gré avec les tenanciers des établissements fréquentés.
  • QUELS SONT CERTAINS TRAITS FREQUEMMENT OBSERVES CHEZ LE JOUEUR EXCESSIF?
    • Difficulté voire refus d'accepter la réalité, d'où le refuge dans le monde du rêve du jeu.
    • Insécurité émotionnelle: un joueur compulsif peut n'être à l'aise émotionnellement que lorsqu'il joue. Il n'est pas rare d'entendre dire : "le seul endroit où je me sentais à ma place était assis à une table de poker. C'est là que je me sentais en sécurité et à l'aise. On ne me demandait rien. Je savais que je me détruisais moi-même mais en même temps j'avais un certain sentiment de sécurité."
    • Blocage dans certains aspects du développement émotionnel de la personne: un désir d'avoir tous les biens de la vie sans trop d'effort de sa part semble être un trait caractéristique commun du joueur compulsif. Plusieurs joueurs excessifs admettent le fait qu'ils refusent de grandir. Inconsciemment, ils croyaient qu'ils pouvaient éviter les responsabilités en pariant sur un tour de roulette ou la prochaine carte, et ainsi la lutte pour échapper aux obligations a fini par devenir une obsession.
    • De plus, le joueur compulsif semble posséder un désir ardent d'être un flambeur (big shot) et peut ressentir le besoin d'être tout puissant. La personne qui joue de manière compulsive peut être amenée à commettre des actes anti-sociaux pour maintenir l'image qu'elle veut donner à voir aux autres.
    • Par ailleurs, selon certaines conceptualisations d'orientation psychanalytique, les joueurs compulsifs pourraient être attirés à leur insu par le fait de perdre, afin de se punir pour réduire un sentiment de culpabilité inconscient.
  • QUEL EST LE MONDE DE RÊVE DU JOUEUR COMPULSIF?

    Ceci est un autre trait caractéristique commun aux joueurs compulsifs: beaucoup de temps est passé à imaginer les choses merveilleuses et extraordinaires qu'ils pourraient faire s'ils gagnaient le gros lot. Souvent ils se considèrent comme étant des philanthropes et des personnes charmantes. Ils rêvent d'offrir à leurs familles et amis de nouvelles automobiles, des manteaux de vison et d'autres produits de luxe. Ils se voient mener une vie plaisante et gracieuse, rendue possible grâce aux larges sommes d'argent provenant de leur "système". Des serviteurs, des appartements de luxe, de beaux vêtements, des amis charmants, des bateaux, et des tours du monde sont quelques-unes des choses merveilleuses qui seraient à leur portée...

    Hélas, le gain n'est jamais assez fort pour réaliser le moindre rêve. Lorsque les joueurs compulsifs gagnent, ils sont amenés à rejouer pour rêver à des illusions encore plus grandes. De sorte que l'espérance de gain statistiquement négative, du fait de la commission de l'exploitant des jeux, amène implacablement à perdre de nouveau davantage que l'argent gagné.

    Quand ils échouent, ils risquent de jouer par désespoir, alors que leur monde de rêve s'effondre. S'ils s'acharnent, ils souffriront davantage. Ils ne se montrent en général pas réceptifs à ceux qui chercheraient à les convaincre du fait que leurs grands projets ne se réaliseront pas. Ils croient en effet qu'ils y parviendront parce que, sans ce monde de rêve, la vie leur paraît intolérable.

  • S'ADONNER AU JEU, N'EST-CE PAS AVANT TOUT UN PROBLÈME FINANCIER?

    Non, s'adonner au jeu de façon compulsive semble être un problème de nature émotionnelle. Une personne atteinte de cette maladie crée des problèmes apparemment insolubles. Évidemment des problèmes financiers apparaissent et les joueurs excessifs font également face à des problèmes conjugaux, judiciaires et professionnels. Ils risquent de se retrouver sans amis et rejetés par leur parenté. Parmi les nombreuses difficultés créées, les problèmes financiers semblent être les plus faciles à résoudre.

    Lorsqu'un joueur compulsif arrête le jeu, normalement ses revenus augmentent et les pertes financières arrêtent de se faire sentir. Le meilleur moyen d'atteindre le rétablissement financier se trouve dans le travail acharné et le remboursement de ses dettes. Le problème le plus difficile auquel il devra faire face, et qui prend le plus de temps, est celui de changer son propre caractère. La majorité des joueurs compulsifs considèrent ceci comme étant leur plus grand défi, auquel il faut s'atteler sans plus tarder et continuer toute la vie.

  • COMMENT EST-CE QU'UNE PERSONNE ARRÊTE DE JOUER?

    À chaque fois qu'une personne joue de l'argent ou un objet de valeur dans le but d'en gagner plus et que le résultat est dû au hasard, elle s'adonne à un jeu de hasard et d'argent.

    Quelques exemples de jeu de hasard et d'argent :

    • Billets de loterie
    • Bingo
    • Jeu de cartes où l'on mise de l'argent
    • Paris sportifs
    • Jeu d'habiletés où l'on mise de l'argent (ex. jeu de billard)
    • Jeux que l'on retrouve dans les casinos
    • Appareils de loterie vidéo (ALV) et loteries électroniques (ex. en Suisse romande, les appareils appelés "Tactilo")
    • Défi à relever où l'on mise de l'argent
    • Billets à gratter

    Pourquoi ces jeux sont-ils "risqués"?

    Le "risque" de perdre à long terme est statistiquement toujours plus important que les "chances" de gagner, pour des raisons structurelles : l'opérateur qui exploite les jeux y veille tout particulièrement, puisque de sa commission dépend la viabilité de son entreprise. Pourtant, retiré de son contexte statistique, le jeu est propre à stimuler chez tout individu des pensées anticipant l'agrément d'un gain important, ainsi que des pensées non rationnelles relatives à la probabilité de gain. A l'extrême, certaines personnes pourront se croire en mesure de développer une stratégie pour "battre le système". En fonction de telles pensées, et du degré de conviction en celles-ci, certaines personnes vont être amenées à perdre le contrôle, et à réaliser des dépenses considérables. Cette perte de contrôle est difficile à anticiper, dans la mesure où les facteurs de vulnérabilité sont multiples et restent mal connus. Il apparaît donc très important de prévenir les joueurs de ce danger potentiel, et c'est la raison pour laquelle, dans la plupart des pays industrialisés, les nouvelles lois relatives aux jeux prévoient un devoir d'information de la part des industries concernées à l'égard des usagers, à l'exemple des exigences introduites pour d'autres produits susceptibles d'affecter la santé (par exemple: tabac, certains produits agro-alimentaires, produits dangereux pour les enfants, etc.).

  • POURQUOI UN JOUEUR COMPULSIF NE PEUT-IL ARRÊTER DE JOUER SIMPLEMENT PAR SA VOLONTÉ?

    Lorsqu'il s'agit de mise de l’argent, beaucoup de gens aux prises avec ce problème peuvent s'abstenir de jouer pour de grandes périodes de temps. Mais, pris au dépourvu et dans certaines circonstances, ils recommencent à jouer sans se préoccuper des conséquences. La défense sur laquelle ils comptaient, uniquement leur volonté, s'est effondrée devant l'intensité des automatismes de pensée, des comportements et des émotions qui se trouvent réactivés. C'est la métaphore d'Ulysse et le chant des sirènes: seule une anticipation avisée peut permettre de contourner un tel obstacle. La volonté et la connaissance de soi n'aideront pas lors de tels oublis et il faut agir en amont, ou encore en aval, avec dans ce cas des stratégies de limitation des dégâts (par exemple l'implication de proches préalablement informés des efforts entrepris et prêts à contribuer à un plan d'urgence). Parfois, l'adhésion à des principes spirituels peut contribuer à résoudre ces difficultés. Les joueurs adhérents au modèle des "joueurs anonymes" (encore appelé modèle des 12 étapes) sont d'avis qu'une croyance en une force supérieure à la nôtre est nécessaire pour soutenir un désir continu d'arrêter de jouer.

  • EST-CE QU'IL Y A UN LIEN ENTRE LE JEU PATHOLOGIQUE ET LES CRIMES, VOLS ET DÉLITS?

    Selon l'Université Laval à Québec, près de deux tiers des joueurs qui fréquentent les centres spécialisés avaient déjà eu recours à des actes illégaux pour assouvir leur besoin d'argent. On rencontre les délits de menaces, violence conjugale, de fraude, contrefaçon, détournement de fonds et vol (auxquels est lié le délit d'entrée par effraction). De fait, d'autres études ont souligné que bon nombre de joueurs pathologiques, autour de 20%, avaient une procédure pénale en cours lors de leur première consultation.

  • EST-CE QUE LE JEU PATHOLOGIQUE EST ASSOCIÉ A D'AUTRES TROUBLES MENTAUX OU A LA CONSOMMATION DE SUBSTANCES?

    Il est reconnu que les troubles de dépendance au jeu sont souvent associés à une autre forme de dépendance, par exemple une toxicodépendance, des difficultés liées à une consommation excessive d'alcool, des troubles des conduites alimentaires, ou encore d'autres problèmes de santé, appelés co-morbidités. On ne sait pas si l'angoisse du statut de joueur pathologique mène à ces co-morbidités, ou si, sans relation de cause à effet, le joueur présente déjà une personnalité à risque. Le jeu pathologique a aussi été associé à une forte consommation de tabac.

    On associe aussi les troubles de l'humeur et les troubles de l'anxiété au jeu excessif. Une étude a démontré que les joueurs pathologiques présentent trois fois plus souvent que les non joueurs les critères diagnostiques de la dépression.

  • EST-CE QUE LA POPULATION DES JOUEURS PATHOLOGIQUES EST PLUS TOUCHÉE PAR LE SUICIDE?

    Lorsque le joueur se trouve coincé par les conséquences de son obsession, le suicide peut alors lui apparaître comme la seule "solution". Des chercheurs ont établi que jusqu'à 90% des joueurs pathologiques ont déjà envisagé de s'enlever la vie, et que près de 20% de ceux qui sont en traitement ont commis des tentatives de suicide par le passé.

  • EST-CE QUE LES ADOLESCENTS SONT AUSSI CONCERNÉS PAR LES PROBLÈMES DE JEU?

    Selon une recherche effectuée auprès d'adolescents, 76% d'entre eux avaient déjà misé une fois de l’argent au cours de leur vie, 65% avaient parié dans la dernière année et 24% pariaient au moins une fois par semaine.

    Tous les chercheurs concluent à l'extrême précocité de la prise des habitudes de jeu; des études récentes estiment que l'âge de l'initiation tourne autour de 10 ans. La survenue d’un problème de jeu excessif précoce va de pair avec la croissance de l'offre des différentes loteries et des possibilités de jeu sur internet. Et, plus récemment, la disponibilité des sites internet où il est possible de jouer sans qu'aucune vérification de l'âge du joueur ne soit possible, contribue à augmenter les risques.

  • EST-CE QU'IL Y A DES PHASES DE DÉVELOPPEMENT DANS LE JEU PATHOLOGIQUE?

    Il est généralement admis que le joueur pathologique passe par une série de phases stéréotypées:

    Phase de gain (winning phase): c'est l'engagement dans le monde du jeu, avec peut-être la croyance que les gains vont pouvoir résoudre toutes les difficultés existentielles préexistantes.

    Phase de perte (loosing phase): le joueur va rejouer pour tenter de "se refaire". On pourrait souligner ici l'apparition d'une dimension de besoin: besoin d'abord d'argent, reporté sur l'idée de gagner à nouveau, besoin ensuite simplement de rejouer…

    Phase de désespoir (desperation phase): c'est dans le jeu que la personne cherche la solution aux difficultés qui s'accumulent.

  • QU'EN EST-IL DU RESPECT DE LA VIE PRIVÉE SI JE DEMANDE DE L'AIDE?

    La confidentialité des renseignements est un élément essentiel de tous les services de traitement. Le respect de cette confidentialité est une obligation légale qui s'applique à tout professionnel de la santé, et qui est garantie par des dispositions pénales en cas de violation.

    Les renseignements personnels sont donc strictement confidentiels. Les professionnels ne sont pas là pour émettre des jugements de valeur, mais pour apporter les informations et outils susceptibles d'accompagner utilement le joueur dans sa démarche personnelle de résolution des difficultés qu'il rencontre dans son rapport au jeu.